IPHB : mourir à 20 ans

l’IPHB fait doublon 

L’IPHB fête ses 20 ans dans le tourment

Anniversaire - Ce soir (NDLB : 30/01/2014) l’Institution Patrimoniale du Haut-Béarn réunit ses partenaires. Son avenir est incertain.

S’il n’y a pas d’autres solutions, je suis partisan de la dissoudre. On ne mégotera pas, on ne fera pas les choses à moitié pour rester dans l’histoire. A nos enfants de la reconstruire après.” Jean Lassalle défendra l’institution qu’il préside depuis 20 ans jusqu’au bout de ses ongles même si, pour l’heure, son avenir est lié au résultat de l’audit commandé par l’Etat, la Région et le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques. En dépend-elle vraiment car l’IPHB, souvent annoncée au bord du gouffre, saute les obstacles.

le plus récent. Le blocage concernant l’audit de fin de contrat de la charte 2007-2013. Depuis l’automne, les partenaires, l’Etat, le Conseil régional et le Conseil général, membres de droit du syndicat mixte du Haut-Béarn, instance délibérative de l’IPHB, s’écharpent sur l’avaluation des actions financées essentiellement par de l’argent public. Une procédure habituelle, réalisée déjà par deux fois, qui ne pose pas de prblème aux différentes parties et notamment l’IPHB. La seule différence cette fois-ci vient du choix du maître d’ouvrage. L’Etat et les collectivités ont mandaté le Conseil Général au titre du “On ne peut être juge et partie”. L’IPHB qui jusque là était le maître d’ouvrage de sa propre écaluation conteste ce choix, et se débrouiolle pour que tout le monde suive du côté des communes interrogées. “Le cabinet d’audit rame. Ils ont fait bloc. C’est une sorte de bras d’honneur qui ne sert pas leur avenir”, confie une source proche du dossier. Ce qui fait dire à la conseillère régionale Sylvie Salabert : “Ils sont constamment dans le conflit avec ceux qui ne sont pas partenaires, cela nous dérange.”

L’outil de concertation créé il y a 20 ans, salué à l’apoque par Mitterand et Balladur, a entamé une sorte de bras de fer avec l’Etat depuis qu’il lui a ôté sa mission concernant la protection et le renforcement éventuel de la population d’ours, en 2006. L’ours était un des quatres piliers de l’IPHB avec l’agropastoralisme, la forêt et la chasse. perdant une mission qui lui apportait des crédits importants, laissant la question de la chasse à d’autres instances comme le groupement d'intérêt cynégétique montagne, l’IPHB s’est tournée vers d’autres domaines d’intervention comme l’eau, qui lui a couté pour la période 2007-2012, 900.000€.

"Sur l’eau, l’IPHB fait doublon !" Il existe un syndicat des gaves, aidé par le Conseil Général. Il ne financera pas d’autres actioins.

"Sur la forêt, ils aident à assurer le débardage par câbles mais les communes peuvent le faire directement”, exprime Jean-Claude Coste, conseiller général, lui aussi membre du conseil. (NDLB : l’entreprise de débardage par câble Gohier de Lanne-en-Barétous est en cessation de paiements parce que l’IPHB lui doit 100 000 € pour des travaux qu’elle a faits et que L’IPHB n’a pas payé, ce qui n’empêche pas l’IPHB d’organiser un “buffet montagnard” pour ses 20 ans!)
 
Certains techniciens lui reprochent de mener des actions pour lesquelles ils n’apportent pas de valeur ajoutée. “Ils ont fait une étude sur la filière équine, mais c’est justement à la filière de le faire, pas à l’IPHB. et en plus, ils font des avances de trésorerie qu’ils n’ont pas!”, argmente un technicien.

Autre reproche, le fonctionnement - sept permanents pour 21 communes - jugé au dessus de ses moyens:1,7 M€ sur un budget de 11M$. L’autofinancement est pourtant important au regard des chiffres apportés par l’IPHB : 4M€ soit 36,7% des recettes.

L’agropastoralisme salué

Personne ne veut la mort de l’IPHB, (NDLB: si, moi!) même pas les plus farouches adversaires de Jean Lassalle, mais ils lui demandent de baisser la voilure et de se concentrer sur ses missions de base. “L’IPHB a une utilité sur l’agropastoralisme; son travail est reconnu. Son problème, c’est qu’elle n’est pas gestionnaire d’estives, à la différence des communes ou des commissions syndicales”, reconnaît cet expert, comme le confirme jean-Claude Coste et Sylvie Salabert.

Les bergers et les agriculteurs sont ses plus grands avocats. Ils l’ont toujours soutenu et n’hésiteront pas à monter au créneau aux côtés d’élus des trois vallées béarnaises si l’établissement venait à disparaître. C’est ce que redoutent l’Etat et ses partenaires.

Odile Faure, Sud-Ouest  30 janvier 2014-01-31

Vingt ans de l’IPHB : une mascarade durable …

Communiqué Pays de l’ours - ADET

Mort-de-l-iphbCe 31 janvier 2014 marque le vingtième anniversaire de la signature de la « Charte de développement durable des vallées béarnaises et de protection de l’ours » entre Michel Barnier, ministre de l’environnement de l’époque, et les élus des vallées béarnaises.

Le moins que l’on puisse dire est qu’hélas le bilan de la mise en œuvre de cette charte par l’Institution Patrimoniale du Haut Béarn (IPHB) n’est pas brillant.

La promesse signée à l’époque était celle d’un nouveau mode de développement montagnard, réconciliant les logiques de développement et de protection dans une approche originale de gestion patrimoniale.

Las, l’illusion fut de courte durée. Au-delà des envolées lyriques du Président Lassalle et des théories fumeuses de son mentor Henri Ollagnon, il n’y eut jamais rien d’autre qu’une gestion maladroite d’un semblant de dialogue entre les protecteurs de l’ours et les tenants de l’exploitation débridée des ressources naturelles.


Derrière la façade de la Maison des vallées, les sujets sensibles y ont toujours été gérés de manière conflictuelle et jamais les responsables n’ont même cherché à dépasser le banal et stérile rapport de forces entre les uns et les autres. Au point que toutes les bonnes volontés qui ont cru sincèrement à l’idée originelle, dont les associations environnementales, ont tôt ou tard quitté le navire.

Vingt ans plus tard, le bilan est cruel. 
Si la charte a permis de mobiliser des financements considérables pour l’amélioration, justifiée, des conditions de vie et de travail des éleveurs en montagne, la protection de l’ours, l’autre pilier indissociable de la charte, n’a que pâtit de cette mascarade. 
De reculades en renoncements, l’ours n’a cessé de régresser au point que l’on doive aux lâchers réalisés en Pyrénées Centrales entre 1996 et 2006 qu’il en reste encore deux aujourd’hui en Béarn. Deux pauvres mâles dont le sort indiffère totalement ceux qui clamaient hier la main sur le cœur que l’ours était constitutif de leur identité même de montagnards béarnais…

Les masques sont tombés il y a longtemps et il ne reste aujourd’hui qu’une coquille à demi vide qui cherche désespérément des raisons et les moyens d’exister.

Au final, l’IPHB n’aura jamais été autre chose qu’un banal syndicat de développement rural, qui n’a jamais cherché, et a fortiori réussi, à se détacher des lobbys locaux les moins progressistes, mais qui a exploité sans vergogne le filon de l’ours comme source de financement et d’une notoriété usurpée.

R.I.P.

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