Rapport 2013 de suivi des ours dans les Pyrénées

L'Equipe Technique Ours a publié son rapport annuel 2013 de suivi de l’ours brun dans les Pyrénées françaises

 Résumé : Quoi de neuf en 2013 ?  

 

L'année 2013 pour les ours, en bref :

  • L’ourson mort,  trouvé le 17 juin 2013 par un randonneur sur la commune de Lladore (vallée de Cardos) en Catalogne  est dénommé « Becero2013 ».
  • Il est probable que Bambou n’ait pas eu un mais deux oursons en 2012 et qu’ils aient survécu en 2013. Cette hypothèse a été élaborée sur base de l’analyse des photos et vidéos automatiques.
  • Les ourses Pollen (née en 2007) et Floreta (née en 2010), non détectées en  2012, n’ont toujours pas été détectés en 2013. Ces deux ourses sont considérées comme disparues. Deux femelles reproductrices potentielles de moins !
  • L'ourse Soulane (née en 2011) réintègre le groupe des ours considérés comme vivants: un échantillon de poils collecté en 2012 et analysé en 2013 a permis de constater que cette jeune femelle était bien toujours présente en 2012. Toutefois, aucun échantillon n'a été retrouvé en 2013. Elle n’est donc pas (encore) considérée comme disparue.
  • Noisette n’a pas été détectée en 2013. Le suivi 2014 permettra de confirmer ou infirmer son éventuelle disparition. Soulane et Noisette, deux autres femelles reproductrices en sursis...
  • L’effectif minimum détecté est de 25 ours : 23 en Pyrénées Centrales, 2 en Pyrénées Occidentales.
  • Balou détient le deuxième plus grand domaine vital des Pyrénées centrales et pourrait supplanter Pyros dans son rôle de géniteur principal. On attend les futures analyses pour savoir si Balou a participé à la reproduction en 2013 (naissances 2014).
  • En 2014, le nombre de femelles susceptibles d’être suitées est estimé à 6. Bambou (2 oursons en 2012, sevrés en 2014) 
Caramelles, 
Nheu, 
Plume, 
Fadeta et Sarousse (qui n'a pas encore eu de portée et reste esseulée.  Hvala (qui a eu 2 oursons en 2013) n'aura pas d'oursons cette année. Caramellita (1 ourson né en 2013 mort en juin, en fin de rut) et Sarousse ne devraient pas créer de surprise...
  • A court terme, la consanguinité pourrait altérer la survie des ours mais aussi la taille des portées et l’intervalle entre ces dernières.
  • NDLB : 171 brebis prédatées par 25 ours sur 570.000 ovins dans les Pyrénées, soit 6,8 brebis par ours, 0,03% du cheptel de tondeuses à pattes. Les faits, comme la connerie, sont tétus!

 

Données provenant d’Espagne, d’Andorre

En Catalogne, au sein de l’aire de répartition qui est continue, 3 zones de présence particulières se distinguent : Val d’Aran, Alt Aneu, Alt Cardos/Vallferrera. En 2013, des génotypages ont été pratiqués sur 15 échantillons de poils ou crottes par l’Université de Barcelone et 35 échantillons par le LECA de Grenoble. 16 ours différents ont pu ainsi être identifiés dont 5 non détectés côté français. Les différents résultats ont, entre autres, permis de mettre en évidence la présence d’une portée (découverte d’un ourson mort, dans la vallée de Cardos, dénommé « Becero2013 ») ainsi que celle du subadulte Pépite sur ce même secteur. Il est également à noter que l’ours Boavi, dont nous ne connaissons toujours pas le sexe, a été repéré grâce à la génétique dans la vallée de Vallferrera non loin de l’Andorre (5 km environ).

En Aragon, 2 ours ont été détectés : Néré, dans le noyau occidental, près de la frontière avec la Navarre et Sarousse, dans le noyau central, près de la frontière avec le Val d’Aran. Au vu des différents indices récoltés et notamment de la photo automatique, cette femelle est toujours isolée du reste de la population.

En Navarre, seul l’ours Néré a été repéré grâce aux dimensions de ses empreintes récoltées à la suite de prédations.

Aire de répartition des indices de présence recueillis

L’aire totale de présence de l’ours dans les Pyrénées est de l’ordre de 4.300 km2. Deux zones se distinguent, l’une sur la partie centrale, l’autre sur la partie occidentale, séparées d’une cinquantaine de kilomètres environ par les hauts massifs du Pic du Midi de Bigorre et du Néouvielle.

Dans les Pyrénées occidentales françaises, l’aire de présence est en augmentation par rapport à celle de 2012. L’ours brun s’est manifesté de la Vallée d’Aspe (64) à l’Ouest, à la rive droite du gave de Gavarnie sur la commune de Barèges (65), à l’Est, soit une superficie estimée à 1 500 km2.

Le noyau occidental comprend également le versant espagnol (Ouest de l’Aragon et Est de la Navarre) ce qui porte la superficie totale à 2 200 km2.

Dans les Pyrénées centrales françaises, l’ours brun est présent sur 600 km2, de la rive droite de la Garonne jusqu’à la vallée du Salat, commune de Couflens (09). Depuis le retour de Balou et Moonboots dans la partie centrale en 2011, toujours aucun indice n’est relevé dans la partie orientale. Ce noyau s’étend également sur le versant espagnol (Catalogne, Aragon) pour une superficie totale de 2 100 km2 (identique à 2012). Il est toutefois à noter que, toujours par rapport à 2012, cette aire de présence s’est légèrement réduite sur le versant français et quelque peu étalée vers le sud-est du versant espagnol. L’évolution de cette dernière n’est toutefois pas corrélée avec l’évolution de la tendance des effectifs.

Evaluation de la taille et de la composition de la population

En 2013, pour le côté français, le LECA a analysé 137 échantillons, prélevés par le ROB. Parmi ceux-ci, 125 se sont avérés exploitables et 77 ont permis de distinguer 14 génotypes différents. La synthèse pyrénéenne (avec les espagnols) permet d’identifier 18 génotypes fiables. En Pyrénées occidentales, le génotypage a permis d’identifier 2 ours, mâles. En Pyrénées centrales, le génotypage a permis d’identifier 16 ours.

Analyse des photos et vidéos automatiques

Cette méthode, en cours d’expérimentation depuis 2012, consiste à obtenir des mesures morphométriques sur des photographies d’ours en position de profil standard. Jusqu’à présent, la classification permettait de distinguer seulement des classes de taille. Les expérimentations en cours visent à préciser les différents gabarits en individualisant les ours entre eux. 4 mesures sont prises sur la photo étalonnée, et intégrées dans un modèle mathématique

Ainsi, sur les cinq groupes de femelles/subadultes, le modèle délimite un groupe formé de deux subadultes d’un an et demi (S18SLO3 et 1 indéterminé). Ce dernier groupe est le plus intéressant puisqu’il est composé de deux individus de taille similaire mais dont l’un présente des marques claires sur les deux épaules (voir photo n°3) tandis que l’autre en est dépourvu.

Nouvel-ours
Les deux clichés ont été réalisés sur le secteur de Melles en mai et juin, soit avant la mue estivale. Il est donc probable que Bambou n’ait pas eu un mais deux oursons en 2012 et qu’ils aient survécu en 2013. Le résultat le plus intéressant des analyses des photos et vidéos est la détermination de ce jeune subadulte non repéré l’an dernier et non détecté par la génétique cette année.

Bilan démographique

Les résultats obtenus avec les différentes méthodes1 permettent, chaque année, une estimation des effectifs minimums détectés et des paramètres démographiques. En 2013, sur l’ensemble des Pyrénées, l’effectif minimum détecté est de 25 ours : 23 en Pyrénées Centrales, 2 en Pyrénées Occidentales.

Structure de la population d’ours

Le sex-ratio de la population, calculé sur 20 individus dont le sexe est connu (80 % des effectifs détectés en 2013) est de 11 femelles pour 9 mâles. Chez les adultes, il est de 8 femelles pour 6 mâles. Chez les subadultes, on compte 2 femelles pour 3 mâles. Le sexage des oursons ne peut encore être précisé, il nécessite des typages génétiques complémentaires

Classe-age-et-sexe-2013
Le nombre minimum d’individus sexuellement matures (reproducteurs potentiels) s’élève à 14 dont 8 femelles. Ces dernières constituent la fraction la plus importante pour le devenir de la population.

Classe-age-2013La structure de la population montre qu’elle est composée majoritairement de jeunes individus (72 % d’entre eux ont moins de 9 ans). Un seul individu est âgé de plus de 22 ans (Pyros, 25 ans).

Reproduction

Deux portées ont été détectées en 2013 :

  • L’ourse Hvala, suitée de deux jeunes de l’année, a été détectée à 3 reprises, entre la fin de l’été et de l’automne, dans le Val d’Aran ainsi que sur les communes de Fos et Melles en Haute-Garonne. La première détection est datée du 27 août 2013.
  • La deuxième portée a été détectée grâce à la découverte d’un ourson en Catalogne espagnole au mois de juin 2013. Toutefois, aucun élément ne nous permet de savoir si cet ourson était le seul de la portée ou non. Quant à la mère, il s’agit très probablement de l’ourse Caramellita, des analyses génétiques doivent encore être réalisées…

Mortalité, survie des jeunes

Le cadavre d’un ourson femelle de 6 mois d’environ 10 kg a été trouvé le 17 juin 2013 par un randonneur sur la commune de Lladore (vallée de Cardos) en Catalogne. L’expertise du cadavre, trouvé au pied d’une cascade, réalisée par les agents du Département d’Agriculture, Pêche, Alimentation et Milieu Naturel de la Generalitat de Catalunya semble montrer que l’ourson a chuté lors du franchissement d’un torrent en crue.

Concernant les ours non détectés en 2012 (Pollen, Floreta et Soulane), deux d’entre eux, Pollen et Floreta, n’ont toujours pas été détectés en 2013. Au vu de l’absence de données depuis 2011 concernant Pollen et Floreta sont considérées comme disparues.

Quant à Soulane, un échantillon de poils collecté en 2012 et analysé en 2013 nous a permis de constater que cette jeune femelle était bien toujours présente en 2012. Toutefois, aucun échantillon ne nous a permis de la retrouver en 2013.

Effectif minimal retenu (EMR)

Cette analyse de la tendance de l’effectif minimal retenu est réalisée pour la première fois cette année. Elle permet de réajuster a posteriori, sur les années antérieures, la tendance démographique générale à partir d’éléments nouveaux collectés et/ou analysés l’année n+1 voire plus. Elle vise à représenter l’évolution de l’état de la population au plus près de la réalité.

Effectifs-ours-2013Trois exemples :

  • en 2002, nous avons supprimé la présence des 2 oursons attribués initialement à Ziva car depuis cette date, ni cette femelle, ni aucun descendant potentiel de celle-ci n’ont pu être détectés.
  • en 2010 et 2011, nous avons ajouté un individu correspondant à l’ours subadulte Boavi détecté pour la première fois en 2012 et très probablement né en 2010 au vu de son gabarit.
  • en 2012, nous avons ajouté la jeune ourse Soulane (identifiée grâce à un échantillon de poils collecté en 2012 mais analysé en 2013) et un subadulte (probablement le 2ème ourson de Bambou détecté par la photo automatique en 2013 mais non repéré en 2012).

La comparaison de ces deux courbes montre que, d’une année sur l’autre, nous pouvons surestimer ou sous-estimer la taille de la population. Toutefois, nous constatons que la courbe du nombre minimum d’individus détectés reflète relativement bien la tendance des effectifs minimum retenus.

Comportements individuels, observations visuelles

Noyau occidental

Néré: Ce grand mâle a été repéré de façon fiable 11 fois sur les vallées d’Aspe, Ossau et Roncal (Navarre). Son domaine vital est l’un des plus grands des Pyrénées. La première détection le situe sur Laruns en mars. Après avoir été localisé le 27 mai en vallée d’Ossau, on le retrouve pendant une semaine environ sur les vallées de l’Ouzom et du Lavedan dans les Hautes-Pyrénées. Il était de nouveau relocalisé en Haut Béarn (Aspe) le 18 juin. On le retrouve en été entre Haut Béarn et Navarre où il cause quelques dégâts aux ovins.

Cannellito: Nous disposons de sept localisations fiables (génétique, photo-auto), sur les vallées de Luz St Sauveur, Estaing, Cauterets et Laruns. La première localisation a été faite en mars sur Luz St Sauveur alors que la neige était encore très abondante. Comme en été 2012, il a évolué sur les Hautes-Pyrénées jusqu’au 12 août pour réapparaître à la fin novembre sur Cauterets.

Noyau centro-oriental

Balou: C’est l’ours le plus détecté en 2013. Il a été repéré 99 fois grâce aux photos automatiques et à la collecte d’échantillons biologiques. Après Pyros, il détient le deuxième plus grand domaine vital des Pyrénées centrales et pourrait supplanter Pyros dans son rôle de géniteur principal. Il a en effet été observé sur une vidéo automatique en compagnie d’une femelle (probablement Caramelles) au moment du rut.

Bambou: cette femelle, née en 2007, se caractérise par sa précocité puisqu’elle a déjà eu deux portées: 1 en 2010 avec 2 oursons (Fadeta et Floreta) et 1 en 2012 avec probablement 2 oursons (S18Slo3 et indéterminé). Très discrète, aucune photo de cette femelle n’a été réalisée avec certitude depuis 2010.

Boavi: Probablement né en 2010 au vu de son gabarit et toujours non sexé, cet ours a été génotypé deux fois en 2013, en Catalogne espagnole. Il a notamment été détecté sur la commune de Vallferrera, à proximité de l’Andorre. Il s’agit donc de l’ours repéré le plus à l’Est des Pyrénées.

Bonabé: Bonabé est un mâle adulte de petit gabarit. Il est aussi le plus discret des quatre. Son statut de dominé lui impose probablement de ne pas trop investir les domaines vitaux de Pyros et Balou notamment. La photo automatique nous a en effet permis de constater que ce dernier suivait cet ours de très près, à 1 mn d’intervalle, sur la commune de Melles (31).

Callisto: Fille de Hvala et Pyros, née en 2011. Cette jeune femelle a été localisée à plusieurs reprises sur un domaine relativement restreint des communes de Melles et Boutx en Haute-Garonne. Elle utilise notamment une grande partie de la zone qu’occupait Pollen, donnée disparue aujourd’hui.

Caramelles, Alos et Isil : Grâce à la photo automatique on constate que les deux oursons de
Caramelles ont bien passé leur deuxième hiver. Après la dispersion au moment du rut, la jeune femelle Isil (génétique) a été observée à de nombreuses reprises côté espagnol, notamment sur une charogne de cervidé où elle s’est alimentée pendant quelques jours. Pour préciser le sexe d’Alos, il faudra attendre de nouveaux échantillons biologiques.

Caramellita: Cette ourse est très probablement la mère de l’ourson (Becero2013) retrouvé mort au mois de juin dans la Vallée de Cardos en Catalogne espagnole. Aucun élément ne nous permet de savoir si cette portée n’était composée que d’un seul ourson. L’année 2014 devrait nous apporter des éléments à ce sujet.

Fadeta: Cette année encore, Fadeta a été repérée seulement dans le Val d’Aran grâce à la génétique. Comme d’autres jeunes femelles, elle semble utiliser un territoire relativement restreint. Sa soeur, Floreta est considérée comme disparue car elle n’a pas été détectée depuis 2011.

Hvala: Contrairement à 2012 où elle était seule et aisée à détecter, Hvala s’est montrée très discrète tout au long de l’année. Elle fut seulement détectée à la fin de l’été dans le Val d’Aran, accompagnée de deux oursons de l’année. Cette famille fut à nouveau repérée, au complet, sur les communes de Fos (31) et Melles (31), grâce à une vidéo automatique et une observation visuelle.

Moonboots: Plus discret que Balou et Pyros, ce gros mâle possède un domaine vital plus petit que ces derniers. Il se situe à cheval entre la Haute-Garonne l’Ariège et le Val d’Aran où il est détecté assez régulièrement. Sa taille est très légèrement inférieure à celle de Pyros, ce qui permet de le différencier assez facilement de Bonabé.

Nheu: Soeur de Noisette et fille de Hvala et Pyros, née en 2009, cette ourse est toujours aussi discrète. On ne la localise qu’une seule fois grâce à la génétique sur Les Bordes sur Lez (09) et, très probablement à la même période, sur Bonac Irazein (09), grâce aux mesures morphométriques réalisées sur cette photo.

Noisette: Cette ourse était régulièrement observée en juin et juillet 2011 et 2012 sur la vallée du Varrados (commune de Viella, Val d’Aran). En 2013, aucune observation et aucun échantillon biologique provenant de cet animal n’ont pu être relevés. Le suivi 2014 nous permettra donc de confirmer ou infirmer son éventuelle disparition.

Pélut: né en 2010, frère de Plume, ce jeune mâle évolue toujours sur le domaine vital de sa mère Caramelles. La présence régulière de Balou et Pyros sur ce même secteur le rendent semble-t il de plus en plus discret. Aussi en 2013, un seul un échantillon traité par la génétique a permis de le détecter.

Pépite: dès la dispersion du groupe familial en 2012, ce frère de Callisto et Soulane s’est déplacé vers l’Est. En 2013, ce jeune mâle a été détecté, grâce à la génétique, sur la commune de Couflens (09) puis encore plus à l’Est dans la vallée de Cardos en Catalogne (secteur de Caramellita et Boavi).

Plume: née en 2010, fille de Caramelles et Pyros, cette femelle a été uniquement repérée sur les communes de Seix et Couflens en Ariège où vie toujours sa mère et son frère Pélut. Comme Fadeta, au vu de son âge, elle peut potentiellement donner naissance à ses premiers oursons en 2014.

Pyros: Agé d’environ 25 ans, ce grand mâle dominant a encore été détecté de nombreuses fois, (photos-vidéos, génétique) entre les communes de Fos (31) et Couflens (09) versant français d’une part et Canéjan/Alt Aneu versant espagnol. Pyros est l’ours des Pyrénées centrales qui a le plus grand domaine vital et est le père de la majorité des ours nés dans ce même noyau.

Sarousse: Cette femelle adulte est géographiquement isolée du reste de la population (25 km vers le sud, massif de Posets-Turbon) sur la bordure orientale de l’Aragon qu’elle occupe régulièrement depuis 2010. Les photos ne la montrent toujours pas suitée comme les années précédentes. Aucune information n’indique une quelconque cohabitation avec un autre individu.

2 subadultes (S18Slo3 et indéterminé): ces deux jeunes ours sont nés en 2012. Grâce à la génétique, nous savons que S18Slo3 est le fils de Bambou et de Pyros. Quant à l’autre individu, détecté seulement en 2013 par la photo automatique sur la même zone, est très probablement son frère ou sa soeur. Des échantillons biologiques devront donc être collectés en 2014 pour essayer de confirmer cette hypothèse.

20 ans de suivi de la population d’ours brun des Pyrénées, de 1993 à 2012 : Bilan et perspectives.

Camarra JJ et al. 2014, Faune sauvage numéro n° 302, à paraître (extrait)

Durant ces 20 dernières années, 19 ours ont été détectés morts ou disparus dont 5 de causes inconnues. Les oursons sont plus sensibles que les adultes (taux de survie : 0,84 contre 0,91).
Concernant la structure de la population, le noyau occidental compte un grand déficit de jeune, à l’inverse du noyau central, dont les oursons et subadultes représentent, après le 2ème lâcher, environ 39% de la population.

Enfin, malgré une reproduction normale au sein de la population, soulignons les risques liés à la consanguinité. Ils résultent à la fois du nombre réduit d’individus fondateurs et de l’impact d’un mâle dominant qui est le père de la majorité des oursons et responsable de plusieurs reproductions père-fille mais aussi grand père-petite fille. A court terme, la consanguinité pourrait altérer la survie des ours mais aussi la taille des portées et l’intervalle entre ces dernières.

Au final, il aura fallu attendre la 2ème réintroduction, plus massive que la première, avant de voir une augmentation constante de la taille de la population dans le noyau central avec des portées détectées chaque année.

Néanmoins, le bilan actuel sur le statut de cette population reste mitigé. Le noyau occidental est voué à disparaître à court terme. Le noyau central reste soumis à des risques démographiques et génétiques. Toutefois, la conservation de l’ours brun dans les Pyrénées montre clairement qu’il est indispensable d’avoir une approche scientifique pluridisciplinaire qui intègre, en plus des aspects biologiques étudiés jusqu’ici, les aspects humains et économiques dans le processus de décision concernant la gestion adaptative de cette espèce.

Graphe n° 11: Evolution des effectifs selon la classe d’âge des individus pour les 2 noyaux de populations aux cours des 20 dernières années de suivi.
Graphe n° 11: Evolution des effectifs selon la classe d’âge des individus pour les 2 noyaux de populations aux cours des 20 dernières années de suivi.

Conclusions

Sur l’ensemble du massif, l’effectif minimum détecté en 2013 est estimé à 25 ours pour une aire de répartition estimée à 4 300 km2, dont 2 100 km2 en France.

L’aire de répartition de l’ours brun est donc en légère augmentation par rapport à 2012, où elle était estimée à 3800 km2. Toutefois, les superficies comparables des noyaux occidental (2 200 km2) et centro-oriental (2 100 km2) ne sont pas corrélées avec leurs effectifs respectifs puisque seuls 2 ours évoluent sur le premier contre 23 sur le deuxième.

La tendance des effectifs est elle aussi en augmentation par rapport à 2012, passant de 22 à 25 ours pour l’effectif minimum détecté (EMD).

La natalité (oursons détectés entre 6 et 10 mois) mesurée en 2013 en Pyrénées centrales, est estimée à de 2 portées, respectivement de 1 (au minimum) et 2 oursons. La première a été détectée uniquement suite à la découverte de l’ourson mort.

Comme en 2012, les ourses Pollen et Floreta n’ont pas été repérées, elles sont donc considérées comme disparues. Quant à Soulane, un échantillon collecté en 2012 et analysé en 2013 nous permet de l’ajouter parmi les ours considérés présents en 2012. Sa non-détection en 2013 ne signifie pas pour autant qu’elle ait disparue.

En 2014, le nombre de femelles susceptibles d’être suitées est estimé à 6. Quant aux mâles, le typage génétique d’échantillons biologiques d’oursons et subadultes devrait nous renseigner sur l’éventuelle participation de l’ours Balou à la reproduction ainsi que semblent l’attester certaines observations de 2013.

Concernant les méthodes opportuniste et systématique de suivi de la population, l’analyse de leurs rendements respectifs et leur complémentarité nous conduit à les poursuivre, tout en continuant à les améliorer au cours du temps.

Généalogie

Genealogie-ours-2013

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