Quelque émoi dans les Hautes-Alpes pour éviter que la colère ne gronde

UBU est roi

Le Valgaudemar est une vallée authentique, fière de ses traditions, située au coeur du Parc National des Ecrins. Écrasé par d'abrupts versants, dominé par de hautes cimes, le Valgaudemar, site sauvage entre tous, a conservé son authenticité.”

La semaine dernière, 3 prédations impuées au loup ont eu lieu dans le Valgaudemar, dans la zone coeur du parc National des Ecrins.

"Qu'est-ce qu'un Parc national ?

C'est un territoire généralement vaste dont la richesse biologique, la qualité paysagère, l'intérêt culturel et le caractère historiquement préservé justifient une protection et une gestion qui garantissent la pérennité de ce patrimoine considéré comme exceptionnel.”
peut-on lire dans une prose digne des bisounours ou dea bibliothèque rose

Qu’est ce qu’une zone coeur ?

Une zone coeur de parc est soumise à une réglementation particulière qui encadre plus ou moins fortement certaines activités afin de s’assurer de leur compatibilité avec la préservation du milieu. A l’intérieur de cet espace, des "réserves intégrales" peuvent être constituées pour des raisons scientifiques.

Mais pas dans les Hautes-Alpes où ..

Le préfet donne son feu vert pour un tir de prélèvement

Pierre-besnardPierre Besnard, le préfet des Hautes-Alpes sait-il ce qu’est un Parc National ? Sait-il ce qu’est une zone coeur de parc ? Sait-il ce qu’est une espèce protégée ? Sait-il ce qu’est une loi ? Sait-il quel est le rôle d’un préfet, si ce n’est de faire respecter la loi ?

Pierre Besnard vient de décider « de prendre ses responsabilités ». il vient d’émettre deux arrêtés relatifs aux attaques de loup dans le Vagaudemar, le premier autorise une opération d’effarouchement,  le second permettra un tir de prélèvement.

Le but est d’abattre le loup qui vit dans la zone coeur du Parc, où il est théoriquement protégé, mais ce n’est même plus une théorie, c’est un leurre, un mythe, un mensonge, une tromperie, un scandale. Comme il n’est pas possible de tuer un loup, “prélever” en langue de bois, dans le coeur d’un parc, on va l’en sortir à coups de pieds aux fesses….

Des éleveurs, des agriculteurs de la FDSEA des Hautes-Alpes, des agents de l'Office National de la Chasse (et de la faune sauvage) parait-il, des lieutenants de louveterie et des chasseurs “formés” ont tenté gentiment “de faire sortir le prédateur de la zone coeur” pour… le tirer : “Une battue au cours de laquelle les équipes vont tenter de faire descendre le canidé dans la vallée. Des pétards seront notamment utilisés à cet effet”, ceci, en contradiction flagrande de l’Article L411-1 du code de l’environnement ("sont interdits (...) la perturbation intentionnelle (...)  d'animaux de ces espèces animales non domestiques ou végétales non cultivées protégées, qu'ils soient vivants ou morts").

Depuis août 2013, il existe également un nouveau délit pour notamment “destruction ou tentative de destruction d’espèces protégées en bande organisée”, puni de 7 ans d’emprisonnement et 150.000 € d’amende.

Moi qui croyait que le préfet chassait ce qui est « contraire à la légalité », qu’il était le « dépositaire de l’autorité de l’État dans le département » et qu’il demeurait le responsable de l’ordre public ? Certes, dans ce cas, il met en œuvre la politique gouvernementale de Mme Royal, Ministre de l’écologie…, mais en toute illégalité.

Après avoir poliment mais bruyament demandé au loup de bien vouloir se retirer de la “réserve intégrale”du coeur du parc, le membre déviant de cette espèce protégée sera ciblé par le second arrêté qui permettra un ”prélèvement”, dans la foulée, hop, hop, hop ! Soucieux du respect des lois, le préfet schizophréne précise : « En accord avec la réglementation, il faut que l’on soit en dehors de la zone « cœur du parc national des Écrins pour procéder à ce tir ».

Pas con le mec, “Il sait que sa décision va provoquer quelques émois du côté des associations de protection animale”.

Par ailleurs, selon l'ASPAS, le préfet des Hautes-Alpes a annoncé mettre en place une mesure "expérimentale" consistant à ne plus faire de constat et d’expertise lors « d’attaque » sur des troupeaux concernant moins de 5 animaux. Les éleveurs seraient donc remboursés sans constat, et les dégâts directement imputés au loup ! Quelle que soit la cause de la mort... €€€

Pour quelles raisons le préfet foule-t-il au pied la loi ? « Il faut mettre fin à la situation qui devient critique pour les éleveurs et éviter ainsi que la colère ne gronde », souligne Pierre Besnard.

Lire : Attaques de loup dans le Valgaudemar : le préfet donne son feu vert pour un tir de prélèvement

Et du côté du Parc National ?

Pas mieux !

Bertrand GaltierLe Parc National des Ecrins publie deux articles. Le premier (Valgaudemar : éloigner le loup des alpages) annonce l’objectif de l’opération d'effarouchement qui a été organisée dans le cœur du Parc national: “Une quinzaine d'équipes associent des agents de l'établissement et des éleveurs, avec des pétards de forte puissance tentent de repousser le loup. Elles sont parties des crêtes, formant une "ligne" qui, en descendant, doit repousser le prédateur”, car sur le plan réglementaire, il ne peut être envisagé de mesures de régulation dans la zone protégée, oubliant de reconnaître que la perturbation est tout aussi illégale. “Notre objectif est de protéger les troupeaux en écartant le prédateur des alpages” résume Bertrand Galtier, le directeur du Parc National des Écrins, par ailleurs diplômé de l'Ecole polytechnique et Ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts.

PN-ecrins
Voilà le nouveau rôle des Parcs Nationaux français : traquer (sans armes, ne soyons pas border-line) les espèces protégées dans les coeurs de parcs pour les tuer dès leur sortie, afin de protéger des moutons d’élevage.

Pas le moins du monde gêné aux entournures, le défenseur de la légalité précise que “compte tenu du caractère exceptionnel et de l'urgence de la situation, le conseil scientifique a donné son accord pour cette démarche”. Ouf, il est couvert.

Des lieutenants de louveterie sont chargés de la noble besogne, occir le fauve prédateur qui a le tort de manger pour vivre, d'être fidèle aux "traditions culturelles et patrimoniales" de son espèce : prédater.

Saint Pastoralisme

Les parcs nationaux en France
Les parcs nationaux en France

Samedi dernier, juste avant l'inauguration de la Maison du Parc de Vallouise par Ségolène Royal, la ministre de l'écologie, le Conseil d'administration du Parc national avait voté une motion affirmant “son soutien au pastoralisme et à la protection des troupeaux.” et exprimant "son entière solidarité avec les éleveurs affectés et rappelle l'importance du pastoralisme décrite dans la charte".

A noter, mais c’est vraiment des détails :

  • le parc stipule dans son deuxième article que : “Bien que les conclusions officielles ne soient pas émises à ce jour, l'attaque du troupeau par un loup est donc très probable.” On n’en est donc même pas sûr.  
  • D’après la FDSEA 05, le loup n’avait plus attaqué sur le secteur du Parc National des Ecrins depuis 2004.

Saint Parc

Ils sont très fier d’eux : “Le Conseil d'administration se félicite de l'attitude des agents du Parc national qui ont fait preuve d'une grande réactivité et ont offert leurs services aux éleveurs affectés ou menacés. (…) La proximité avec les éleveurs a été appréciée. Elle illustre le sens de la mission et de la présence des agents du parc national, au plus près du terrain et de ses habitants.” Et puisque les éleveurs se gavent de primes, pourquoi ne pas oser… “Toutefois, cette capacité d'intervention pourrait être affectée par les réductions continues de personnel que connaît l'établissement. Il est donc important de veiller à une évolution raisonnable de ses effectifs" précise la motion.

Le Parc des écrins n’a rien à envier au Béarn et à sa chère IPHB

En matière de prévention, l'établissement, avec ses partenaires est disposé à accompagner les éleveurs dans leurs pratiques agro-pastorales. A titre d'exemple, l'intérêt de disposer de cabanes héliportables a été démontré dans les événements récents. Dès lors, le conseil d'administration recommande d'entreprendre un programme d'appui à la gestion agro-pastorale et à la prévention contre les risques liés à la présence du prédateur.”

Toucherait-on le fond ? Rien de moins sûr ! “Sur le plan réglementaire, les textes en vigueur réduisent les possibilités d'intervention en cœur de parc. Le Parc national des Écrins demande de disposer des moyens juridiques et techniques pour assurer la protection des troupeaux. Le Parc souhaite être associé à toute réflexion conduisant à une plus grande souplesse d'intervention, dans un cadre conforme aux avis du conseil scientifique, et assurant les meilleures pratiques agro-pastorales ainsi que la préservation des écosystèmes."

France, ton gouvernement, tes ministères, tes parcs nationaux, ta nature, tes préfets, tes lois partent en couille ! Le reste va suivre. UBU et la colère sont roi et reine, pour éviter que la colère d'une toute petite minorité, en faillitte, dans la France profonde, ne gronde".

Est-ce que celà va causer quelque émoi dans les hautes sphères? J'en doute.

Retour bredouille

"La zone aurait été nettoyée du loup ! "

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