Réintroduction d'ours sur le banc d'Arguin ?

Ségolène Royal refuse un nouveau lâcher d'ours dans les Hautes-Pyrénées

déclaration de Jean-Luc Fernandez, président des chasseurs de l'Ariège
« Il ne faudrait pas que cela serve à restreindre la chasse. La réintroduction doit être sans conséquence pour les chasseurs. Et une fois l'espèce installée, elle devra faire l'objet de prélèvements »

La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, venue assister au lâcher de trois bouquetins, a plaidé samedi pour un "juste équilibre entre le pastoralisme et la réintroduction d'espèces", refusant en particulier le lâcher d'un nouvel ours en Hautes-Pyrénées et autorisant les battues de loups là où des attaques ont lieu.

La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a plaidé samedi pour un "juste équilibre entre le pastoralisme et la réintroduction d'espèces", refusant en particulier le lâcher d’un nouvel ours dans les Hautes-Pyrénées et autorisant les battues de loups là où des attaques ont lieu.

"Je veux un juste équilibre entre le pastoralisme et la réintroduction d'espèces sauvages", a déclaré à l'AFP la ministre en assistant à un lâcher de trois bouquetins ibériques sur le site du plateau du Clot de Cauterets (Hautes-Pyrénées), dans le Parc national des Pyrénées.

Le bouquetin a disparu de la région avant 1910. Neuf de leurs cousins d'Espagne, où il se porte bien, ont déjà été réintroduits jeudi et, à terme, 160 doivent être lâchés sur trois ans dans les Pyrénées françaises.

La ministre a cependant reconnu que les réintroductions de loups et d'ours étaient plus "sensibles".

"Les réintroductions d'espèces ne doivent pas avoir lieu dans des zones de pastoralismes. Je suis intervenue sur les loups, ce qui n'est pas forcément facile pour un ministre de l'Ecologie. Je fais le choix des zones où il y a incompatibilité entre le pastoralisme et des espèces qui peuvent être prédatrices", a-t-elle dit, citant le cas des Hautes-Pyrénées.

"Ici par exemple, il reste un ours. Donc la question se pose de la réintroduction d'un deuxième. Aujourd'hui, je ne donne pas l'autorisation car je considère que c'est un problème pour le pastoralisme. Il faut regarder quels sont les endroits où on peut réintroduire l'ours, là ou il n'y a pas d'équilibre conflictuel avec des activités d'élevage".

Ce n'est pas pour cela que je remets en cause la reconquête de la biodiversité mais il faut le faire de façon raisonnée

Ainsi, en ce qui concerne le loup, dont seuls 300 subsistent en France, la ministre a confirmé l'entrée en vigueur, "à la fin du mois de juillet", d'un arrêté "autorisant les battues de chasseurs dans les zones où il y a des attaques". Le 28 juin, plus de 2.000 éleveurs, agriculteurs et chasseurs avaient dénoncé à Foix "l'ensauvagement" de la montagne et les "contraintes" pesant sur leurs activités en raison des mesures de protection de l'ours, notamment. Les ours menaçaient de totalement disparaître en France dans les années 90. Leur population a été renforcée grâce à des lâchers d'une espèce slovène dans le massif pyrénéen en 1996, 1997 et 2006. En 2013, on comptait au moins 24 ours dans les Pyrénées, côtés français et espagnol.

Déclaration de Ségolène Royal sur l'ours dans les Pyrénées :

Ségolène Royal : « Quand il y a du pastoralisme, ma priorité va au pastoralisme,  donc quand il y a des réintroductions d’espèces sauvages en voie de disparition, qu’il faut préserver, il faut le faire dans des espaces où il n’y a pas de conflit autour de l’usage de l’espace et l’activité humaine doit primer sur la biodiversité sans en rabattre sur l’exigence de biodiversité, donc c’est un travail intelligent, un travail difficile... »

Source

Et dans les parcs nationaux, lieux où l’espace est « normalement » et prioritairement destiné aux espèces sauvages, la priorité est donnée au... pastoralisme.  

Et en ariège, les chasseurs sont partant, quelle que soit l’espèce : « Augustin Bonrepaux et Jean-Luc Fernandez ont répété leur opposition à l'ours mais aussi à l'interdiction de chasser le grand tétras. Pour les deux hommes, il n'est pas en voie de disparition. Il y en aurait même plus aujourd'hui qu'en 1900. Or, cet oiseau bloque des projets importants et limite les zones de chasse.”

Enfin s'il (J-L F.) trouve le projet de réintroduction du bouquetin intéressant, aujourd'hui, il s'interroge. « Il ne faudrait pas que cela serve à restreindre la chasse. La réintroduction doit être sans conséquence pour les chasseurs. Et une fois l'espèce installée, elle devra faire l'objet de prélèvements », assure-t-il.

Prochaine étape ? La chasse à l’ours en battue en pays Toy ou dans le Couserans ?


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