A propos de la surdensité d'ongulés sauvages

L'ASBL belge Solon nous fait remarquer qu'une autre Asbl, Forêt wallonne publie, dans sa dernière édition papier, deux articles très intéressants sur les questions relatives aux surdensités de cervidés.

Le premier article " Les revenus des loyers de chasse sont-ils réellement bénéficiaire pour les propriétaires en cas de surdensité de gibier ? " montre que les loyers liés aux baux de chasse sont souvent vus par les propriétaires forestiers comme des revenus nets, ne nécessitant que peu d’investissements.

À travers l’exemple d’une commune ardennaise, les auteurs, François Baar, Benoit Baubry et André Pirothon montrent qu’une chasse ne maîtrisant pas les populations de gibier, peut se révéler déficitaire à cause des dégâts et des protections supplémentaires dus aux surdensités d’ongulés sauvages.

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Plethore-cervidesDans un second article, "De la pléthore de cervidés" l’Asbl Forêt wallonne donne la plume à un expert et chasseur français, Francis Roucher qui analyse certaines des causes (et conséquences) des surdensités en cervidés dans de nombreuses régions françaises et européennes.

En voici un extrait qui devrait intéresser les lecteurs français (et belges) de la Buvette :

"Répondant à une mission prescrite par les ministères français de l’Environnement et de l’Agriculture, un rapport de 2012 conduit à se demander où se trouve la clef de la résolution de ce problème qui dure depuis trop longtemps. Présenté ainsi : « Il analyse les dégâts de gibier sous l’angle juridique,  économique, sanitaire et sécuritaire. Il préconise de mieux réguler les populations de sangliers et de Cervidés par la mise en place d’une véritable politique territoriale ».

En dépit de sa pertinence, le dit rapport comporte une lacune de taille : la chasse. Or la protection contre les dégâts aux cultures causés par les ongulés sauvages dépend avant tout de la capacité de la chasse à réduire leurs effectifs. Sont passés sous silence les notions de rendement de la chasse, de sa productivité, impératifs communs à toute entreprise. On aura donc beau multiplier les rapports administratifs, les projets et les commissions de concertation, tant qu’il ne sera pas remédié à l’inefficacité de la chasse au grand gibier, le problème des dégâts aux cultures et à la forêt perdurera.

Ce n’est pas le plan qui régule le gibier, ce sont les chasseurs.

Contrairement à ce qui se dit, il n’y a pas de rapport de cause à effet entre le déclin du nombre de chasseurs et l’accroissement des effectifs d’ongulés sauvages.

Le problème des dégâts n’est pas lié à la quantité mais à la qualité des pratiquants et de leurs méthodes. Subie ou voulue, l’inefficience de la chasse au grand gibier en France tient au manque de performance de ses adeptes.

Des chasseurs sous-entraînés et sous-qualifiés

Pour être pratiquée avec un minimum de satisfaction et de sécurité, toute discipline sportive demande un apprentissage et un entraînement. Avant de pouvoir disputer un match de tennis ou de rugby, il faut avoir fait des gammes. Par comparaison, le manque de pratique du chasseur moyen fait frémir. Dans l’année, un prélèvement de 1 200 000 ongulés sauvages est réalisé par 1 200 000 chasseurs. En moyenne donc, la pratique du chasseur français se réduit à une seule pièce abattue par an.  (En Wallonie, le nombre de détenteurs d’un permis de chasse est d’environ 16 000 pour 43 000 têtes de grand gibier (cerf, chevreuil et sanglier), ce qui fait un rapport de 2,7.)"

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