Ariège: de l'obligation d'être transparent et constipé pour les ours

Gérard Pujol a vu l'ourse, demande un "effarouchement" et menace : "Si ces mesures ne sont pas prises, quelque chose il y aura"...

Pastoralisme as usual

Gérard Pujol n’est pas un inconnu à la Buvette des Alpages :

  • En mars 2009,  il avait avec Bruno-Besche Commenge, Michel Estrémé et la Fédération Transpyrénéenne des éleveurs de montagnes déposé une “requête en annulation pour excès de pouvoir du ministre de l'écologie et du développement durable d'introduire cinq ours slovènes dans les Pyrénées”, requête qui avait été rejetée par le Conseil d'Etat !
  • En janvier 2014,  il avait était été convoqué à la gendarmerie de Saint-Girons pour être entendu  à propos des violences et autres excès commis dans l’histoire du dérochement de l’estive de Pouilh où la préfête Nathalie Marthien avait dénoncé « les individus qui ont accueilli de manière déplorable des agents, qui grâce à leur sang froid et à leur sagesse ont pu aller au bout de leur mission sans répondre aux invectives et aux menaces» ajoutant que « les insultes et les menaces à l'égard d'agents dépositaires de l'autorité publique ne sont pas acceptables » avant de mettre en cause des « comportements vulgaires et irrationnels ». 

Il s’agit donc bien d’un des dûrs du noyau des extrémistes anti-ours. Il est éleveur sur l’estive d’Aréou dans le Haut-Couserans (en Ariège).

Dans un article, la Dépêche le présente comme “berger”, mais le terme éleveur est plus correct car il ne garde pas grand chose.  Déjà en 2006, Gérard Pujol était interviewé par la DDM : “Je préfèrerai un peu plus de communication, ce qui m'éviterait d'apprendre la présence ou le passage de l' ours à proximité, par « La Dépêche », trois jours après ». A l’époque, c’est à l’ours Boutxy qu’il en avait, ours qui a mystérieusement disparu; Philippe Lacube ayant annonçé en 2009 "Parce qu'ici en Haute-Ariège, il y a des gens qui ont fait le ménage." Ces propos comme la mort de Boutxy n'ont pas eu de conséquences pour les auteurs.

Ours deboutEt bien voilà que Gérard Pujol est selon la DDM, “tombé nez à nez avec une ourse et ses deux oursons qui ont pris la fuite. La plantigrade s'est dressée, a grogné avant de disparaître. Les éleveurs demandent des mesures d'effarouchement.

Ainsi donc, lent estompement de la norme et évolution des choses suite à la politique gouvernementale donnant entière priorité au pastoralisme (“Ségolène Royal : "Quand il y a du pastoralisme, ma priorité va au pastoralisme" ), il suffit maintenant de voir un ours pour demander son “effarouchement”.

Tout se passe alors très vite, rapporte Gérard Pujol. «Ce sont les petits qui m'ont vu les premiers et ils se sont barrés à dix mètres à l'opposé… La femelle s'est dressée sur ses pattes arrière. Elle a grogné, s'est rebaissée et est repartie…» La confrontation ne dure pas plus d'une quinzaine de secondes, indique Gérard Pujol. Les trois plantigrades s'enfuient et rejoignent le couvert des arbres en contrebas. (…) «On n'a pas le temps de réaliser sur le moment… C'est comme les chiens, j'ai le poil qui s'est hérissé

Il a eu peur, c'est compréhensible et normal. Il n’est pas le premier. Les livres de Louis Espinassous comme “le loup, l’ours et le pastou” sont remplis de témoignages de rencontres avec l’ours qui, selon la légende, coupent la parole àaux hommes qui le croisent et qui en restent terrifiés.

Suite à ce "nez à nez", le groupement pastoral de l'Aréou a demandé le renfort de bergers d'appui envoyés par la pastorale pyrénéenne. Surprise, c’est Clémence, une bergère, que l’éleveur courageux envoie en première ligne.

«Être seule, ce n'est pas évidentLes brebis étaient dispersées alors on n'a pas pu garder», ajoute la bergère qui a déjà été confrontée à l'ours une nuit sur une autre estive. «Je l'ai aperçu à plusieurs centaines de mètres. J'ai crié. Il est passé. Ensuite, avec ma lampe, j'ai encore vu des yeux dans la nuit…» Cette nuit-là, il n'a pas attaqué. «Avec les bergers d'appui, on constate un léger mieux», admet Éric Fournié, membre du groupement pastoral de l'Aréou.” 

Le terme “admet” est bien choisi car cela leur arrache les lèvres que d’avouer que le gardiennage a un effet positif et limite la prédation.
 
Cette rencontre rare dont beaucoup de gens rêvent confirme les statistiques des rencontres hommes-ours et les explications sur les comportements d'observation ou d'intimidation des plantigrades.

Gérard Pujol, constipé :

«Il faut éloigner l'ours. Nous demandons à l'état des mesures d'effarouchement.» La situation est d'autant plus pressée, selon les éleveurs, que pas moins de neuf crottes d'ours et des traces ont été relevées dans un secteur voisin.

Ainsi l’ours n’a plus le droit ni de paraître ni même de faire ses crottes. Voilà les ours bien emmerdés…

Mais il reste un espoir…

“Pour la première fois, le groupement a décidé de faire appel aux bergers d'appui proposés par la pastorale pyrénéenne pour aider à la protection des troupeaux. Refusant de mettre leurs exploitations en danger à cause des prédations, les éleveurs ont décidé d'aller plus loin. L'année prochaine, ils vont prendre trois patous. « Mais il faut du temps avant qu'ils soient opérationnels. Et puis, je crains des incidents avec les randonneurs », note Gérard Pujol. Le patou est là pour dissuader tout intrus de s'approcher du troupeau. Et les randonneurs peuvent être considérés comme des intrus par le chien. «Nous allons tester les mesures mais nous sommes persuadés que cela ne sera pas suffisant. »

Espoir vite effacé par de nouvelles menaces...

Gérard Pujol ne pouvait se passer de menacer à nouveau l’ours : “En attendant, nous demandons des mesures d'effarouchement. Si ces mesures ne sont pas prises, quelque chose il y aura” préviennent-ils.

On l'a vu avec la mort de l'ours Boutxy, en Haute-Ariège, ils savent comment faire, et vu l’impunité totale dont ils jouissent même quand ils annoncent publiquement leurs actes illégaux, ils ne s'en privent pas. Pourquoi changer des méthodes qui marchent ?

Les ours tombent, les menaces tombent, les gouvernements tombent mais les politiques polititiennes restent...

Commentaires