Le trou géant de l'IPHB

L'IPHB n'a plus un balle

Bis repetita placent. Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Avec un trou de 90.000 € dans son budget, l'IPHB, Institution patrimoniale du Haut-Béarn est en mesure de fonctionner jusqu'à mi-octobre. Après, c'est le trou géant, le froid béarnais.

Dépendant des subventions des collectivités publiques pour son fonctionnement, le syndicat mixte chargé de la coordination des "acteurs du territoire" des vallées d'Aspe, Ossau et Barétous n'a pas été en mesure (encore une fois) "d'établir dans les délais légaux impartis un budget équilibré". Le dossier a donc été adressé par la préfecture le 11 juillet à la chambre régionale des comptes "aux fins de vérifications et de propositions légales à opérer".

J'ai bien une proposition à formuler..., il suffit de pousser l'IPHB dans son trou. En vérité, je te le dis, aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis.

Trou iphb

"Ce n'est pas la première fois que nous avons des difficultés à boucler le budget. Mais c'est la première fois que nous n'avons pas de perspective pour une somme pareille", note son géniteur-président, Jean Lassalle qui juge pourtant son budget "maîtrisé". C'est vrai que c'est mieux qu'à l'UMP.

Le problème est que "certaines recettes attendues tardent à se concrétiser." Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. Faut croire que les généreux donateurs tardent à comprendre les finesses et subtilités de la gestion à l'ipéhachebé. Jean Lassalle a beau regretter "114.800 € de retard dans le versement de crédits du plan de soutien à l'économie de montagne " qui devaient financer les opérations d'héliportage et de muletage au bénéfice des bergers en estive. J’ai soif. Peut-être que Ségolène Royal pourrait prendre dans la cagnotte du Plan Ours pour aider le compteur des plantigrades béarnais. Enfin des..., "du" puisqu'il ne reste que Cannellito aux coucougnettes ratatinées et sèches, le fils de Cannelle toute aussi sèche dans son Museum.

On évoque la fin du grand machin, depuis le temps...

"Il faut pour la première fois envisager la fin de l'IPHB". Une perspective qui enchante tout le monde sauf les petits politiciens locaux qui verraient la manne s'évaporer, comme Jean-Pierre Chourrout-Pourtalet de Sarrance. "Si l'IPHB s'en va pour 90 000 €, c'est qu'il n'y avait pas de volonté que cela reste. Je ne sais pas si on va mourir. Mais si on doit mourir, autant faire ça proprement." 

Je propose un saut en base-jump : Sud-Ouest titrerait "Une erreur humaine pourrait expliquer la mort d’un base jumper en Béarn. Ce sport n’obéit à aucune règle officielle mais exige une longue expérience." Le base-jump a visiblement des points commun avec l'IPHB qui lui aussi n'obéit à aucune règle officielle mais exige une longue expérience...

Base jump iphb

De son côté, Robert Casadebaig, de Laruns ne manque pas d'air (pur) : "Nous n'avons pas à rougir du travail accompli". Je suppose qu'il évoque l'article un de la charte ipéhachebéesque :

"La présente charte constitue un contrat à l’échelle des vallées béarnaises par lequel les signataires s’engagent à partir d’une stratégie commune, à mener un certain nombre d’actions concourant au développement durable des vallées béarnaises ainsi qu’à la protection et dans une deuxième phase éventuelle au renforcement de la population d’ours..."

« Les actions menées ainsi que l’enrichissement de la vision du territoire et de l’ours ont sans doute conduit les acteurs signataires de la charte à être encore plus exigeants aujourd’hui. »

C'est vrai, le travail accompli est considérable. Eradiquer tous les ours du Béarn ! Seul ce petit con de Cannellito doit encore crever, mais cela va venir, le travail sera alors définitivement terminé. Robert Casadebaig pourra dire "Tout est achevé".

Gloire éternelle à l'IPHB. Jean Lassalle pourra expirer en paix : Père, entre tes mains je remets mon esprit. Couic.

Faute d'ours, on mange des vautours

C'est vrai que pour l'IPHB, l'avenir n'est plus rose depuis longtemps: plus d'ours, plus de pognon. En Belgique on dirait que c'est la phase "gestion des affaires courantes". Et l'IPHB tout en courant vers le vide essaie de se rattraper au Saint Graal, le vautour. Vous imaginez quand toutes les bêtes crevées pourront être mise sur le compte des vautours à la place des défunts ours : le pactole. Les dédommagements arriveront par les airs, sans frais de clos d'équarissage en plus. Toutes les brebis tarries payées au tarif plein, avec des dommages moraux en plus.

Ce serait Byzance ! Que de bilans externes à commanditer, de concertations patrimoniales à mettre en place avec les valléens, que de visions plus globales du territoire à partager avec les acteurs, que d'analyses technico-scientifiques partagées à publier, que de nouveaux modex de gestion à mettre en place contractuellement. Le rêve !

Alors l'IPHB ne chôme pas : le syndicat mixte a voté une motion en faveur de la mise en place d'un plan vautour fauve en Haut-Béarn. Ségolène est d'accord, elle.

Le charognard aux serres crochues et aux moeurs dévoyés est sur tous les fronts : une attaque par-çi, un vélage par là... "Le caractère prédateur du vautour est aujourd'hui indéniable", affirme le Dieu Jean Lassalle. Les autres sont vraiment des cons quand ils disent : 

  • « Le vautour fauve n'attaque les bêtes vivantes que si elles sont en situation de faiblesse, parce qu'elles sont malades ou en train de mettre bas, c'est-à-dire malades ou en train de mettre bas. » (Éric Fouquet, inspecteur général de santé publique vétérinaire) et
  • "affirmer que les vautours sont devenus des prédateurs est une contre-vérité scientifique". (Samuel Bouju, le sous-préfet des Pyrénées-Atlantiques à Oloron).

Encore deux pour qui : “Les particularités de la gestion « en bien commun » sont telles qu’elles échappent parfois aux experts classiques de l’évaluation des politiques publiques.”

Dans son texte, le syndicat mixte propose plusieurs "pistes d'actions", aïe, méfions nous, mais maintenant vous comprenez le langage Ipéhachebé. Vous êtes formés !

"Afin d'avoir une vue d'ensemble de la situation, une écoute plus compréhensive des éleveurs est réclamée, beaucoup d'entre eux ne remplissant pas les documents idoines car ceux-ci estiment que "cela ne sert à rien" selon les informations collectées par l'IPHB. L'indemnisation des bêtes dont la mort sous le bec des vautours est confirmée par expertise est de son côté demandée sur la base du tarif d'indemnisation des dégâts d'ours." Rien de plus. On continue ! Il faudra sans doute modifier la charte de l'IPHB : "La présente charte constitue un contrat à l’échelle des vallées béarnaises par lequel les signataires s’engagent à partir d’une stratégie commune, à mener un certain nombre d’actions concourant au développement durable des vallées béarnaises ainsi qu’à la protection et dans une deuxième phase éventuelle à la gestion de la population de vautours..."

Peut-être faudrait-il "compter" les vautours pour mieux « construire ensemble une vision globale dans une instance de concertation, une instance de décision et une équipe de facilitation. » et après, il ne restera plus qu'à les patrimonialiser, à grand coup de tromblon ou de poison espagnol, comme l'ours ?

Re-couic.

L’affaire de l'audit externe n'en fini pas

Le sous-préfet d’Oloron, Samuel Bouju, salaud de mauvais payeur, a convié élus et représentants de l’IPHB à la restitution dudit audit. Dieu n'en a pas voulu, il explique découvrir que cette réunion vise « uniquement à définir les missions de l’IPHB ». « Après avoir pris connaissance de la qualité et du nombre des invités, j’ai le sentiment que la recherche d’un éventuel équilibre dans la représentation n’a pas été le critère dominant qui a guidé l’inspiration de ce mail ».

La mise à mort sera faite à la dague ou à l'épieu.

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