Si proche, si loin...

Cyrulnik-BorisAvec l'ours, comme avec tous les mammifères, nous partageons la nécessité de la survie : de défendre notre territoire, d'aller chercher des aliments, de protéger nos petits.

Mais notre univers est différent de celui des ours. Très jeunes nous commençons à nous préparer au monde de l'artifice : l'artifice de l'outil, l'artifice du verbe. A la différence des ours qui disposent de leurs outils sur eux, leurs crocs, leurs griffes, nous, nous avons surtout l'univers du langage. Avec le verbe et quelques signaux sonores nous pouvons inventer des théories, écrire des quantités de romans…

Et pourtant, les ours ont un univers mental. Ils comprennent ce qui vaut la peine d'être compris dans leur monde d'ours. Ils peuvent percevoir un objet et se représenter quelque chose à chasser. Ils ont commencé à mettre une patte dans le symbole. La frontière entre humanité et animalité reste culturelle et artificielle.

L'homme en rupture avec le sauvage est d'abord dans le renoncement de lui même.

Boris Cyrulnik

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