Bourrinose

Bouquetins : "Après avoir bourriné du fusil pour massacrer les renards pendant des années, pour se débarrasser de la rage, on a fini par y arriver par la vaccination. Ce serait trop logique, et surtout pas assez bourrin de reprendre une méthode qui marche, mieux vaut innover dans le bourrinage".

Coup de gueule, par Patrick Leyrissoux

Les deux notes : « Des bouquetins ou du reblochon » (ici), « Bargy:  un choix politique, pas scientifique » (là) m’ont encore, en réaction, fait choper un coup de sang.

Fdesa ecolo
La gestion de cette brucellose est une véritable gabegie. Méthode bourrin, ministre bourrin, préfet bourrin, pour répondre aux injonctions de bourrins de la FDSEA.

Non, plutôt que de traiter ce problème finement, avec des pinces brucelles, comme il se doit, on prend le canon de marine de 400mm. Et en plus la FDSEA lance une fatwa contre ceux qui osent dire que le canon de 400 ce n’est peut-être pas la bonne solution.

Et puis aussi : « les montagnards ne se laisseront pas déposséder de leur territoire ». Parce qu’on demande à des spécialistes de la faune sauvage et à des vétérinaires de traiter la situation, plutôt que eux avec leur fusil ? Alors quand l’église du Grand-Bornand menacera de s’écrouler, on leur demandera de venir s’en débrouiller, plutôt qu’à des architectes. Et quand ils auront pris la toiture sur le coin de la tronche, ça leur remettra les idées en place ?

Ils sont peut-être très compétents pour le reblochon, mais ça s’arrête là. Chacun son métier. Quand j’ai ma voiture à réparer, je la donne à mon garagiste, pas à mon coiffeur, même s’il conduit une voiture et qu’il en voit passer tous les jours. Et mon garagiste ne va pas écouter les injonctions de mon coiffeur pour réparer ma bagnole. Ce n’est pas une question de territoire, ou de faridondaines et billevesées, mais de métier et de compétences. Quand les peintures de la chapelle de Bessans du XVeme siècle s’écailleront, on fera appel à leurs conseils éclairés, au peintre en bâtiment du cru, ou à des spécialistes internationaux pour les restaurer ? La troisième solution va-t-elle les « déposséder de leur territoire ? » ou soigner leur paranoïa ?

Après avoir bourriné du fusil pour massacrer les renards pendant des années, pour se débarrasser de la rage, on a fini par y arriver par la vaccination. Ce serait trop logique, et surtout pas assez bourrin de reprendre une méthode qui marche, mieux vaut innover dans le bourrinage.

L’évolution est en marche, Darwin a décidé que la prochaine sous-espèce humaine sera Homo Sapiens Bourrinus, on en a déjà des colonies qui se multiplient.

Ou c’est peut-être une maladie ? La bourrinose, super contagieuse, et qui s’attaque au cerveau et à la gâchette. Parties des troupeaux, elle a contaminé les membres et les adhérents de la FDSEA, s’est propagé au préfet et maintenant au ministre. Alors quelle solution ? La vaccination ou l’abattage ?

Patrick Leyrissoux

Lire : Massacre des bouquetins du Bargy

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