Yves Paccalet: éloge des mangeurs d'hommes

Eloge-mangeurs-d-hommesVivent les mangeurs d’hommes ! Requins, loups, ours, lions, crocodiles, piranhas… ces créatures à la fois haïes et admirées, belles ou étonnantes, parfois dangereuses pour l’homme sont pour la plupart en voie d’extinction. Notre espèce – qui a dépassé les sept milliards – se juge « menacée » par le tigre (moins de trois mille sujets) ou le requin blanc (à peine plus)…

Et pourtant, l’ennemi du berger en France n’est pas le loup, mais l’éleveur de moutons d’Australie ou de Nouvelle-Zélande : trop facile, pour le politicien, d’accuser le prédateur. Le requin, réputé mangeur d’hommes, tue moins de dix humains chaque année, quand les hommes pêchent dans le même temps, cent millions de squales...

Dans cet essai teinté d’humour noir, Yves Paccalet ne milite pas seulement pour ces créatures magnifiques mais aussi pour la préservation des mythes et des légendes qu’elles ont inspirés. En perdant ces espèces, nous perdrions, en vérité, des pans entiers de notre histoire et de notre culture, c’est-à-dire de notre humanité même…

Yves Paccalet

Né en 1945 dans un hameau savoyard à 1250 mètres d'altitude, Yves Paccalet passe son enfance à courir la montagne. Il se prend de passion pour les fleurs sauvages, les insectes, les oiseaux. Plus tard, il étudie la philosophie à l'Ecole normale supérieure. Il devient ensuite directeur littéraire, écrivain, journaliste, naturaliste et scénariste.

Passionné par la nature et l'environnement, militant écologiste de la première heure, il rencontre Jacques-Yves Cousteau en 1972 et entame alors une étroite collaboration avec lui. C'est en découvrant le monde à bord de la Calypso, sur lequel il va passer près de quinze ans, qu'il puise son inspiration et signe avec le Commandant une vingtaine de livres ainsi que de nombreux textes de ses documentaires. Depuis 1990 il a publié encore d'autres ouvrages, n'hésitant pas à explorer des genres aussi variés que le roman, la biographie, la bande-dessinée, l'essai littéraire ou encore le livre illustré. Il a collaboré à plusieurs magazines de façon régulière (Terre Sauvage, Le Nouvel Observateur, Géo, Ushuaïa Magazine, Grands Reportages, Le Figaro Magazine).

Depuis 1974, il a publié au total environ soixante-dix livres, a collaboré à sept encyclopédies et à une dizaine de films. Il a participé, en tant que « personnage » ou auteur, à des documentaires pour la télévision, au Kamtchatka avec Nicolas Hulot (Usuhaïa Nature, TF1), au Yunnan et au Tibet en quête des orchidées sauvages (A la recherche de l'orchidée céleste, Canal +) et en France (Sentiers de Bourgogne, Voyage ; Le sens de la marche, Bretagne, Pays Basque, Corse, France 5).

Critique de la Buvette

J'ai été un peu déçu par ce livre, pas à cause de la démarche de protection des grands prédateurs qui est louable et que je partage, mais à cause des erreurs qu'il contient. Si je ne prends que le dossier de l'ours que je maitrise plus que celui du requin :

  • Seules deux ourses semblent avoir été réintroduites en 2006 : Palouma et Franska. Sarousse, Balou et Hvala (malgré ses nombreuses portées) sont oubliés. (p 151)
  • Le noyau occidental est peuplé de deux mâles : Cannelito et... Néné ! Qu'en pense Néré? (idem)
  • " Début juin 2014, j'apprends la mort de l'ours mâle Balou, père de laplupart des oursons récemment observés". Il confond Balou et Pyros (idem).
  • "Balou a été retrouvé sans vie au pied d'une falaise, probablement victime d'une chute accidentelle". C'est une autre erreur! Lire les résultats de la nécropsie de Balou : "La thèse de la chute ayant entraîné la mort a également été écartée car, sur l'ensemble du squelette, aucune fracture attestant d'un traumatisme violent n'a été décelée. (...) Peu après sa mort, des rumeurs d'électrocution par la foudre avaient circulé. Le rapport d'autopsie n'en parle pas: une hypothèse invalidée ou un sujet trop brûlant?" (p153)

Une relecture aurait été utile, dommage.

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