Conflit d'intérets: Jean-Pierre Alzieu fait l'autruche (et de la saucisse!)

Alzieu: un conflit d'intérêts ! Quel conflit d'intérêts?

A la suite de la condamnation de Christian Derramond, Laurence Cabrol d’Ariègenews a questionné Daniel Strub du Comité Ecologique Ariégeois. Extraits1...

Du côté du Comité écologique ariégeois (partie civile) : «On ne cherche pas la guerre!» Daniel Strub joue la carte de l’apaisement: «Les éleveurs en tirant sur les vautours se trompent de cible, ils tirent sur un allié. Notre but ce n’est pas d’enfoncer M. Derramond ou quiconque, c’est de travailler à une prise de conscience  avec le monde des éleveurs».

Selon lui les éleveurs seraient manipulés sans préciser ouvertement par qui (NDLB: ajoute Laurence Cabrol qui n’ose pas écrire le nom qu’elle a en tête..., on est en Ariège). Par contre il précise que le CEA a déposé une plainte contre l’arrêté préfectoral d’effarouchement: «Ce n’est pas normal que des gens qui appellent le plus à tuer les vautours (les chasseurs) soient parties prenantes dans l’organisation de l’éloignement des vautours par effarouchement. [...] Si encore ces pratiques étaient limitées aux agents de l’ONCFS. Les cartouches d’effarouchement ressemblent trop aux cartouches classiques pour qu’il n’y ait pas d’autres tentations».

Et Daniel Strub de revenir sur la position de son association concernant les vautours: «Nous ne voulons enfoncer personne mais on préfèrerait la mise en place de placettes d’équarrissage naturel qui ont donné de très bons résultats. D’autant que 60% de la contribution à l’équarrissage est reversée automatiquement aux éleveurs qui installent ces placettes qui permettent d’éloigner efficacement les vautours des exploitations»

Un conflit d’intérêt exemplaire

Jean-pierre-alzieu-fait-autrucheLe cas de Christian Derramond est emblématique. Il appèle son vétérinaire pour une expertise. Normalement ce n’est pas à lui de convoquer un expert, surtout si c’est (ou a été) SON vétérinaire. Alzieu aurait dû refuser: un expert n’a pas a expertiser chez un de ses clients, c’est interdit dans le code rural, comme de faire de la publicité en tant que véto. Qu’importe, Jean-pierre Alzieu ne souffre pas de phobie administrative mais d’allergie déontologique, c’est tout comme.

Dans un petit article du "Point vétérinaire" sur le web, Alzieu s’explique brièvement :
« j’ai pratiqué à la Pentecôte, deux jours consécutifs, des autopsies au titre de directeur du laboratoire vétérinaire départemental de l’Ariège et non à celui de praticien pouvant être lié à son client : il n’y a donc aucun conflit d’intérêt ». Le Saint-Esprit est descendu sur l'Ariège, mais tellement vite et fort que la tête du directeur du Laboratoire Vétérinaire Départemental s'est enfonçé dans le sable..

Il reconnaît donc implicitement qu’en tant que véto particulier de Derramond, il y a conflit d’intérêt. Mais suffit-il de retirer sa casquette de véto privé pour prendre celle du Directeur du laboratoire vétérinaire départemental de l’Ariège pour voir le conflit d’intérêt s’envoler? C’est ce qu’Alzieu semble prétendre à ses confrères dans la presse spécialisée.

Avec sa casquette de véto de terrain, Alzieu est en conflit d’intérêt quand il expertise chez Derramond, c'est clair.

Avec sa casquette de Directeur du Laboratoire Vétérinaire départemental, Jean-Pierre Alzieu est en conflit d’intérêt car lui et son laboratoire dépendent financièrement et professionnellement du CG09 et de la FDC09 comme l’enquête de la Buvette l’a démontré.

Conflit-d-interets-aucunMais le conflit d’intérêt ne s’arrête pas là. Pourtant Jean-Pierre Alzieu persite et signe, lui qui disait déjà dans son rapport d’expertise : “Je précise avoir agi en toute transparence, sans contrainte aucune et n’avoir relevé en la matière aucun conflit d’intérêts.” continue à tenir sa ligne indéfendable. En novembre 2014, Jean-Pierre Alzieu se justifie dans un article scientifique publié dans Le Point Vétérinaire n°350. Je laisserai ses confrères effectuer une éventuelle contre-expertise. Ce qui m’intéresse, ce sont trois mots publiés dans un minuscule encart en première page : “Conflit d’intérêts: aucun.”

C’est ce que dénonce Daniel Strub du CEA quand il dit «Ce n’est pas normal que des gens qui appellent le plus à tuer les vautours (les chasseurs) soient parties prenantes dans l’organisation de l’éloignement des vautours par effarouchement. [...] »

Jean-Pierre Alzieu fait partie de l’organigramme du Conseil Général de l’Ariège, son supérieur, c’est Augustin Bonrepaux dont on connaît les positions sur les bêtes sauvages à plumes et à poils et la tendance à couper les financements à tout ceux qui ne marchent pas droit, qui ne travaillent pas ou n’écrivent pas dans le même sens que le CG de l’Ariège et du grand patron (suppression du financement du festival Résistances pour cause de débat sur l’ours, silence de la presse à propos de « l’accident de chasse » d’Augustin Bonrepaux à cause de pressions diverses, dépendance des titres de presse des « commandes » du Conseil Général : un article de travers et hop, les commandes s’arrêtent, les financements s’arrêtent.

Le laboratoire que dirige Alzieu est financé par le CG09. Il travaille aussi pour les chasseurs, donne de nombreuses formations dans les locaux de la FDC09. Encore aujourd'hui dans Ariègenews, Jean-Pierre Alzieu fabrique de la saucisse de gibier dans "Venaison: de la battue à l'assiette une opération menée en relation avec les apprentis du CFM de Foix". Alzieu assiste chaque année aux discours anti-prédateurs et anti-vautours lors des assemblées générales de la Fédération où il siège entre Augustin Bonrepaux et Jean-Luc Fernandez et est remercier pour ses utiles travaux et sa collaboration avec les chasseurs.

Avec sa deuxième casquette qu’il juge “indépendante”, ce que nombreux de ses confrères dénoncent, textes de la déontologie de la profession à l’appui, Alzieu y va quand même. Il est indispensable de prétendre scientifique le « changement de comportement des vautours », c’est stratégique, c’est pour lui la garantie d’une reconnaissance éternelle de la part de ses employeurs, de ses clients, et de ses amis. Quels amis? j’y viens…

Alzieu profite du cas Derramond et est l’outil, si ce n’est le moteur de cette stratégie. Son laboratoire est financé par le CG09 et il travaille aussi pour la Fédération des chasseurs, comme l’enquête de la Buvette l’a montré...

Daniel Strub dit à Laurence Cabrol : “les éleveurs sont manipulés”. Faut-il qu’ils soient bien innocent ou naïf pour ne pas lire et comprendre la stratégie mise en place devant eux, à moins que ce ne soit avec eux.

Alzieu, le vétérinaire de l'éleveur, celui qui a vacciné ses 1500 brebis contre la FCO, vidéos à l’appui dans la presse ariégeoise, (malgré l'article R242-82 du code rural qui dit "Il ne doit pas accepter de mission d'expertise concernant l'un de ses clients. D'une manière générale, il doit veiller à ce que son objectivité ne puisse être mise en cause par les parties" est aussi :

1) celui qui a créé l'expertise controversée où il prétend que les vautours ont des "serres" et "attaquent",
2) celui qui retient les photos pour éviter une contre-expertise de ses confrères,
3) financé par le CG09 de Bonrepaux dont on connait la position sur toutes les bêtes sauvages à plumes ou à poils,
4) financé par la FDC09 qui prête son "labo" et engage le véto pour former les chasseurs,
5) Invité à toutes les AG de la Fédération des chasseurs où il siège entre Bonrepaux et Fernandez,
6) proche de la FDSEA, et des Jeunes Agriculteurs: sa fille, Sophie Alzieu, éleveuse de brebis en Ariège, est sur la même liste syndicale que Christian Derramond (l'éleveur), que Rémi Denjean (co-président de l'ASPAP), que François Toulis (Président de la Chambre d'Agriculture de l'Ariège, membre d'Ariège ruralité où l'on retrouve aussi, entre autre Jean-Luc Fernandez).

Tout ce petit monde anti ours, anti vautours ont des intérêts communs (l’effarouchement puis l’éradication des vautours, la transformation des charognards en prédateurs pour obtenir des indemnisations alignées sur celles de l’ours), des financements communs, des dépendances communes, des soutiens politiques communs.

La toile d’araignée est en place : François Toulis était dans le bureau de la préfête le jour de l'annonce de la mise en place des effarouchements. Son frère Rémy Toulis (de la Fédération Nationale Ovine) était lui présent lors de l'expertise sur le terrain avec la préfête.

Alzieu est leur copain et n'est en rien étranger à l'affaire, il n’est nullement “indépendant”. Il en est soit le moteur, soit la courroie de transmission,. C’est lui le scientifique qui doit officialiser cette “modification comportementale”, et pour se faire, il est soutenu par le Conseil Général, et se croit intouchable.

Et il ose écrire dans ses articles "scientifiques" sur le sujet : "conflit d'intérêt: aucun". En Ariège, il n'y a pas que les cadavres de brebis qui sont pourries ; les vautours n'ont pas tous des plumes.

Conseil Général,  chasseurs,  éleveurs ( FNO, ASPAP, Chambre d’agriculture), politiciens locaux, tous partagent les mêmes intérêts anthropocentriques : se débarasser des géneurs à plumes en se remplumant sur leur compte (obtenir des dédommagement pour les uns et un soutien politique pour les autres). Et à qui demande-t-on d’expertiser la chose? A un vétérinaire copain de tout ce petit monde, dont la fille est éleveuse et syndicaliste agricole…

Cohabiter, c’est vivre ensemble. Petit détail significatif : le syndicat ovin de l’Ariège, la Chambre d’Agriculture, la FDSEA de l’Ariège, la SARL Midinews qui édite Ariègenews..., tous co-habitent au numéro 32 Avenue général de Gaulle à Foix.

Les éleveurs, les syndicats agricoles, les politiciens locaux sont rompus ensemble à ses pratiques de copinages pour défendre leurs intérêts au déni des réalités biologiques de l’espèce.

Pas un mot dans la presse ariégeoise sur ce conflit d’intérêts, mais celle-çi dépend largement des aides et des « commandes » du CG09 et cohabite avec tout le petit monde agricole ariégeois. Alors comme ils n'ont pas communiqué sur l'accident de chasse d'Augustin Bonrepaux (qui n'est officiellement que tombé en montagne), ils ne communiqueront pas sur le conflit d'intérêt de Jean-Pierre Alzieu. La presse ariégoise n’a pas intérêt à déplaire à ces patrons et à ces voisins éleveurs.

Rompus ensemble à ses pratiques?  Il doit bien exister un synonyme…

Notes

  1. http://www.ariegenews.com/ariege/faits_divers/2014/83636/tribunal-correctionnel-de-foix-un-eleveur-ariegeois-condamne-a-une-ame.html

Supplément gratuit !

Saucisse-de-gibierA propos de l'article paru aujourd'hui sur Ariègenews (de la même Laurence Cabrol, qui savait très bien ce que cachait son "sans préciser ouvertement par qui"): "Venaison: de la battue à l'assiette une opération menée en relation avec les apprentis du CFM de Foix"

Et il est payé par qui Jean-Pierre Alzieu pour faire de la saucisse1 "Gibier de France, chasseurs de France" qui sera exportée vers la Nouvelle-Zélande (sans doute dans le bateau qui à l'aller livrait les gigots d'agneau que les français vont manger à Noël, enfin peu de français, au vu de la consommation en baisse constante, malgré la pub)? Qui paie? Le CG09 ou la FDC09?

Conflit d'intérêts? AUCUN !

  1. Ce n'est pas de la saucisse, ce sont les tripes du chevreuil...
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