L’oursonne Auberta retrouvée morte dans le Val d’Aran

Remise en cause de l'utilité de la pose d'un émetteur abdominal

Ourse aubertaLleida. (E) Auberta, l’oursonne de Fadeta qui avait été découverte à Aubert, dans le Val d’Aran vivait en semi-captivité dans un grand enclos. Les contacts avec les humains avaient été évités au maximum. Elle devait être réintroduite dans les Pyrénées. Cette réintroduction attendue ne se fera pas. Auberta a été retrouvée morte dans son enclos dans la matinée du vendredi 21 novembre 2014 a confirmé Jose Enric Arró, le ministre de l'Agriculture du Conseil Général d'Aran. Une autopsie va être réalisée.

Cette oursonne avait été récupérée, âgée de tois mois, le mercredi 16 avril par des habitants à proximité du village d'Aubert, dans le val d'Aran (versan espagnol des Pyrénées), sur la route entre Vielha et la frontière Française. D'où son nom. Pyros était à la fois le père et le grand père d'Auberta.

Selon le journal Segre, il semblerait que l’oursonne se serait ouvert une cicatrice abdominale avec des branches, soit en montant dans un arbre, soit en tombant d’un arbre.  Cette cicatrice est la suite de la pose d’un émetteur abdominal destiné au suivi scientifique de l’ourse après son relâcher. Auberta aurait dû être relâchée en France, dans le Béarn où ne restent que deux ours mâle.

Cette mort regretable d’une jeune ourse relance la polémique sur l’instrumentalisation de l’ours lors des réintroductions. Ces pratiques divisent les écocentristes, favorable au suivi scientifique et les biocentristes plus attentifs que les premiers au respect de l’animal. Et il faut bien l’avouer, cette mort leur donne raison.

Pourquoi est-il nécessaire d’arracher une dent aux ours adultes réintroduits? Uniquement pour connaître leur âge? Cela semble léger...

Pourquoi faut-il anesthésier les ours (une deuxième fois, après la capture) pour insérer un émetteur abdominal alors qu’ils seront déjà équipés d'un collier émetteur/gps/mobile ?

L’utilité de ces pratiques destinées “au suivi scientifique” est très limitée au vu des risques encourus qui sont loin d'être nuls, comme cette mort d’une femelle le montre suffisamment. Et ce n'est pas la première, la mort de l'ours Papillon est aussi discutable.

Cette pratique est largement contestée par une franche non négligeable des personnes qui, par ailleurs, sont favorables aux ours. Les scientifiques qui suivent les ours devraient en tenir compte à l'avenir et ne plus instrumentaliser les ours avec des pratiques invasives. La pose d’un collier émetteur suffit largement au suivi scientifique. Mieux assurer le bien être des ours est un facteur de ralliement à la cause de l'ours et des réintroductions.

Cette erreur regrettable va radicaliser encore un peu plus la position des défenseurs des animaux, avec raison. Même les plus favorables pourraient revoir leur position. J'en suis.

 

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