Le relâcher de ragondins constitue une infraction au code rural

Lettre ouverte à propos de la manifestation de Nantes

à Emmanuel FERRAND, président de la FNSEA de l’Allier
à jean-Yces Chollet, Chef du service Unité sanitaire de la faune à l'ONCFS

par Guy Joncour, Vétérinaire de campagne

Monsieur le Président.

Photo OLIVIER LANRIVAINLe ragondin (Myocastor coypu) est une espèce introduite, nuisible, dont le relâcher constitue une infraction au code rural.

Je transmets, ici aussi mon mécontentement à l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS). Vous vous rebellez contre les législations et contraintes réglementaires. Que vous transgressez ici. J'en suis persuadé, en toute impunité. Vous ne contribuez pas ainsi à dorer le blason de vos adhérents.

Sachez pourtant qu’à Nantes vous avez encore aidé à ternir votre image jusqu'alors sympathique et les sentiments solidaires des "rurbains" et autres consommateurs que "vous faites vivre", comme aimait à le dire mon grand-père, éleveur de vaches du Centre-Bretagne et ancien client. Ces armes ne sont pas les bonnes : vous vous mettez à dos -aussi- les consommateurs (pas "que" de ragondins, le lièvre des marais des vendéens).

Je peux comprendre vos revendications, en tant que vétérinaire mixte en clientèle "laitière" dominante du Centre-Bretagne. Je vis aussi en campagne et "du -et sur le- terrain", avec mes compatriotes agricoles.

Les Jacqueries ont toujours fait peur aux Institutionnels. Nous y sommes rompus, en Bretagne.

Tonnes à lisier et lâchers de brebis, plus jets de tomates sont des armes redoutables pour -pas que- les jacobins. Elles effraient plus que le port d'une paire de jumelles "écolo". Y compris les dépôts "sauvages" de brebis pourries, comme ce fut le cas, au Cabinent Vétérinaire de Nay (65), du président de la SNGTV, quand votre section des Pyrénées-Atlantiques a voulu effrayer des Confrères investis dans le relâcher de quelques malheureux ours slovènes, en représailes et chantage éhontés en arborant une pancarte FDSEA65 : "Vous avez choisi l'Ours, nous choisissons notre vétérinaire".

Je n'ai jamais eu peur de mes clients !

Ces "armes" sont injustifiables, souffrance animale et respect du Code Rural ne font pas partie de votre souci premier. Le ragondin taggué aussi ! Et je plains pourtant vos vétérinaires. Mais, décidément, les institutionnels "marchent" à deux vitesses. Je n'ai, personnellement qu'un langage.

A Nantes, VOUS avez été lamentables et n'avez pas "marqué de points". Loin de là.
Mes clients du "syndicat majoritaire" FDSEA, à la différence des "hautes sphères" institutionnelles de votre syndicat (et quoique ceci ne transpire jamais quand nous prenons un canon au stand du Salon Agricole de Versailles, chaque année) ne sont pas anti-vétos : Ils sont avec nous, "au cul des génisses à vêler".  Comme nous, 24h/24.

Ils m'écoutent et je les respecte. Gageons qu'ils vous expriment leur désaccord quand on leur racontera que leurs congénères syndiqués de l'Allier relâchent des "nuisibles" en Bretagne.

L'Ours est une espèce protégée. Certains contribuables le sont aussi, apparemment. L'impunité est bien mal partagée, selon les classes socio-économiques et les "chapelles".

Navré.

Guy JONCOUR,
Vétérinaire de campagne qui connaît bien l'Allier.

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