Tigre de Seine et Marne : l’ASPAS dénonce l’incompétence des autorités

par Planeteanimaux.com

Pierre Athanaze est une figure incontournable de la protection animale en France. Naturaliste et forestier, ancien administrateur de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, il est depuis 2008 le Président de l’ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages). Il lutte contre les «massacres» de la chasse, dont le déterrage des blaireaux est pour lui l’un des plus sordides visages. Il milite également pour le «réensauvagement» de nos régions. Récemment, il a été choqué par « l’incompétence » crasse des autorités forestières dans la gestion de l’affaire du « tigre » de Seine et Marne, qui s’est au final révélé n’être qu’un chat. Il s’explique dans la tribune ci-dessous, publiée sur le site planeteanimaux.com.

Robert Picaud
Robert Picaud

Pierre Athanaze : "Fier et sûr de lui, le Président des lieutenants de louveterie d’Ile de France, Robert Picaud, bien droit dans son uniforme de louvetier, déclarait à la presse : «Il n’y a pas de doutes, c’est bien un tigre » au sujet du chat qui, à cause de cette affirmation, a paralysé une partie de la Seine et Marne les 13 et 14 novembre dernier.
 
Cette information, reprise en boucle par les médias nationaux, mais aussi par la presse internationale, serait drôle et potache, si derrière ne se cachait pas une triste réalité : celle de la main mise du monde de la chasse sur la faune française. En effet, comment se fait-il que le préfet de Seine et Marne ait demandé l’avis d’un lieutenant de louveterie plutôt que de faire appel à l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) dont il a pourtant la responsabilité dans son département ? En aucun cas, un louvetier n’est un agent de l’Etat. Ce n’est qu’un chasseur désigné par la Préfecture pour commettre les basses œuvres de «gestion de la faune» : battues administratives, piégeage de blaireau, tirs de nuit et autres destructions d’animaux «malfaisants» !

Nulle formation n’est nécessaire pour devenir lieutenant de louveterie. Ces «super-chasseurs » sont désignés par les préfets après avis des fédérations de chasse. Et c’est tout. Et s’ils ne sont pas compétents en tigre, ils ne le sont pas plus en faune indigène. C’est pourtant eux qui sont en première ligne pour la destruction des loups, si chers à nos ministres de l’agriculture et de l’environnement !

La France est la risée du monde entier

Lieutenant louveterieSouhaitons que cette drôle de farce, qui une fois de plus a fait de la France la risée du monde entier, permette enfin de mettre un terme à cette sinistre institution que sont les lieutenants de louveterie. Dont la création avait pour objet, rappelle le site de la Louveterie de France : «d’éradiquer les nuisibles, et en particulier le loup, le plus nuisible de tous, par tous les moyens disponibles ». La future agence nationale de la Biodiversité devrait être dotée d’agents qui seront bien plus à même de donner des avis sérieux lorsque les services préfectoraux en ont besoin.

Les agents de l’ONCFS ont rapidement et bien évidement mis en cause le jugement du louvetier (mais seulement après avoir été enfin consultés). Le tigre n’est qu’un chat. La population ne risque rien. Mais on a dépensé une fortune en gendarmes, soldats, hélicoptères et autres caméras thermiques. Que les enfants n’aient eut la possibilité de faire leur récréation dehors et que des consignes strictes aient paralysé une partie de la région pendant 2 jours. Tout cela grâce à l’incompétence d’un pseudo «expert». Cela aurait pu se dérouler dans n’importe quel département. Car nombreux sont les préfets qui consultent d’abord les louvetiers, avant de prendre l’avis des agents de l’ONCFS, de l’ONEMA (Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques) ou de naturalistes qui savent faire la différence entre un tigre et un chat.

Pierre ATHANAZE

Source : Planèteanimaux

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